Partager l'article ! Con-ditionnement, mais très con !: Je vais te conter les effets pervers du conditionnement animal, testés au péril de mon dos et de ma réputa ...
Je vais te conter les effets pervers du conditionnement animal, testés au péril de mon dos et de ma réputation …. Heureusement que le ridicule ne tue pas !
Commençons par le commencement. Comme le sait tout propriétaire de léonberg, la croissance de ces bestiaux est longue et délicate. Parmi les écueils à éviter, il y a le redoutable et redouté glissement sur des sols glissants, justement. Pendant la longue période de croissance, les maisons de propriétaires de bébés leonberg sont customisées à la Damidot, avec des chutes de moquettes ou de tapis en coco qui jonchent parquets et carrelages afin que les papattes adhèrent.
A la maison, on est à la fois propriétaire et ex-éleveur, alors, tu penses bien on maîtrise la question et comme le sol est soit carrelé, soit parqueté, on a étalé aux endroits de passage des chutes de revêtement en coco ou jonc de mer. Le Gnafron apprécie. Il apprécie tellement que si les tapis sont sortis ou mis sur le côté, il refuse de marcher sur le carrelage ou le parquet. Et il saute d'une chute à l'autre pour ne pas poser ses patounes délicates ailleurs que sur le coco. Sauf quand il poursuit un chat. Là, il oublie et il court très bien sur tout type de sol, glissant ou pas. Mais quand il y pense, il ne veut pas ou alors il s'étale lamentablement en faisant le phoque et attend qu'on vienne le relever.
Fin de l'acte 1. Début de l'acte 2.
Aujourd'hui, le Gnaf avait rendez-vous chez l'ostéopathe qui suit tous mes léonbergs, à Salon de Provence, soit à deux heures de la maison. Le Gnaf, il n'aime que sa montagne, sa meute et sa maison moquettée de jonc de mer. Les deux heures de voitures, seul avec moi, l'ont donc déjà largement stressé. Arrivé chez le véto, il était mûr. Lorsque j'ai ouvert la porte de la clinique, je n'ai pas imaginé ce qui m'attendait …. Un seul coup d'oeil sur le sol de la clinique a suffi à Gnafron pour estimer qu'on entrait dans une zone estampillée TRES dangereuse : larges dalles de carrelages TREEEEES brillantes, donc à priori TREEEEEEEEEEEES glissantes. Et pas de coco en vue. Donc acte. Le Gnaf, il s'est couché à l'entrée et a refusé de faire un pas de plus. Refusé de chez refusé.
Niet, nein, no, va te faire voir. Je n'irai pas, n'insiste donc pas. Vas-y sans moi, je t'attends ici. Je t'ai déjà dit non. Oui, je sais que je suis un gentil chien-chien, mais là tu vois, au risque de me répéter, c'est … non. Juste non. M'en fous, botte moi le cul si tu veux, d'abord je te connais, tu le feras même pas, mais, comment te le dire sans te vexer : NON !
Devant un refus de collaboration assez vertement exprimé, et compte tenu que j'ai quand même un minimum de fierté , je n'allais pas céder devant un bébé léonberg- sa-race, je suis passée en mode bulldozer. J'ai enjambé la bête (sa mère !) qui occupait tout le pas de la porte et je l'ai porté par le poitrail et l'ai tiré sur les dalles qui effectivement glissaient bien (heureusement), pendant que ses pattes arrière pédalaient en cliquetant sur le carrelage. Les autres patients étaient morts de rire, je crois que même les chats dans leur cage de transport se marraient. Ensuite, après avoir fait les papiers avec la secrétaire, il a fallu que je le traîne par les mêmes moyens jusqu'à la balance, il manquait quelques pattes dessus et une grosse partie du cul, alors les 55 kilos étaient sûrement en dessous de la réalité.

Quand le véto est venu nous chercher, il a fallu qu'on le porte à deux jusqu'à la salle de consultation, puis sur la table qui heureusement monte et descend électriquement.
Il l'a manipulé un bon moment comme ça, couché, puis est venu le moment où il a dû le mettre debout parterre. Et le cinéma a recommencé, il refusait de rester debout et quand on le relevait il se mettait sur la pointe des griffes, tout raide et s'écroulait dès qu'on le lâchait …. De guerre lasse, l'ostéo a décidé de le voir debout dehors. Devant le public des patients écroulés, l'ostéo le tirant vers le haut par la queue, moi devant soutenant son poitrail, on a retraversé la salle d'attente et on est sortis. Là, mon Gnafron de mes deux s'est mis à trotter tout seul jusqu'au parking où le véto a pu finir sa manipulation. Une première pour lui, malgré une grosse clientèle de grandes races ….
Je suis sortie de là en nage, penaude, épuisée, humiliée.
Deux heures pour rentrer.
Acte 3. Là, le gros dort entre une chute de coco et un Bakhtiar iranien d'époque. Il a retrouvé sa maison équipée !
See you later alligator